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mercredi 31 mai 2006

Un bon mari - Récit de Gabriel Timmory.

Le ménage Favernier faisait l'admiration des pensionnaires de l'Hôtel d'Armorique, à Trestraou.
Lui ? Un gaillard massif de trente-cinq ans, dont la tête semblait sommairement équarrie, à la manière des idoles taillées dans le bois par les noirs d'Afrique : il avait les pieds larges, les poings énormes et velus.
Elle, son épouse ? Une poupée fluette aux yeux bleus, dont les paupières palpitaient, comme les ailes d'une colombe effarouchée ; ses pieds menus paraissaient voleter sur le sol ; ses mains étaient fines et blanches.
On n'eût jamais imaginé couple plus dissemblable. Cependant, il n'en existait pas de plus uni.
Les Favernier ne se séparaient guère et le colosse témoignait à sa mignonne compagne la sollicitude d'une nourrice ; à table, il veillait à ce qu'elle se servit copieusement, mais il s'inquiétait si elle était tentée d'abuser d'un plat indigeste ; en promenade, il l'aidait, d'un bras robuste, à escalader un rocher ou à franchir un ruisseau. S'attardait-elle au soleil ? Vite, il la protégeait d'une ombrelle, et, le soir, dès que tombait la fraîcheur, il lui jetait, en hâte, un manteau sur les épaules.
Sans cesse, il la questionnait tendrement :
- es-tu bien, ma Ninette ? Ne te manque-t-il rien, ma Ninette ? Tu n'es pas fatiguée, ma Ninette ? Ma Ninette, tu n'as pas faim ? Tu n'as pas soif ?
- Oui, mon Jacques, non, mon Jacques ! répondait Ninette avec un regard chargé d'amour.
- Quand je vois ces deux tourtereaux, s'écriait le colonel Raize, demeuré célibataire irréductible, je regrette de ne point m'être marié : j'ai refusé d'entrer au Paradis !
On n'y reste pas toujours ! insinuait avec perfidie Mme de Nucerolle, toujours prompte à jeter, quand l'occasion s'en offrait, une note dissonante dans le concert d'éloges qui célébrait le mérite des deux époux modèles.
Mais elle était seule à leur marquer de l'hostilité : les Laupmann, dont les vingt ans de mariage avaient été vingt ans de disputes, se les citaient mutuellement en exemple. Quant à Mlle Clotilde Kergariou, elle les contemplait avec attendrissement.
Elle venait de dépasser la trentaine sans avoir pu encore rencontrer d'épouseur, sa fortune ne compensant pas la médiocrité de ses avantages naturels ; elle vivait à Lannion, avec une vieille tante, qui, uniquement occupée par ses ouvrages de tricot, lui laissait le soin de gouverner leur modeste intérieur ; pour se distraire, elle faisait, assez gauchement, de l'aquarelle. Elle en était à peu près arrivée à redouter presque l'intrusion dans son existence d'un mari qui l'eût obligée à rompre avec ses habitudes. Mais la félicité conjugale des Favernier lui fut une révélation ; elle l'envia et, dès lors, rêva éperdument de mariage.
Tous les jours, munie de sa boîte de couleurs et d'un pliant, elle se rendait, par le chemin des douaniers taillé dans la falaise, à Ploumanach, sous prétexte de peindre les rochers, mais l'art n'était pas le véritable but de son excursion ; en réalité, elle allait en pèlerinage à la chapelle de Saint-Guirec, qui, à ce que l'on assurait, possédait le pouvoir de favoriser les hyménées : tout en enfonçant, selon la coutume des jeunes filles du pays, une épingle dans la statue du bienheureux, elle le priait avec ardeur de lui procurer un époux à l'image de M. Favernier.
Un après-midi, comme les Laupmann prenaient le thé sur la terrasse de l'hôtel, avec le colonel Raize, Mme de Nucerolle et les Favernier, on aperçut soudain Mlle Clotilde qui, en galopant, dévalait de la falaise.
Quelques instants plus tard, elle était là, pâle, essoufflée, les yeux hagards, les vêtements en désordre.
D'une voix haletante, elle raconta que, comme elle revenait de Ploumanach, un vagabond s'était, tout à coup, dressé devant elle sur le chemin des douaniers : il implorait une aumône ; sans défiance, elle avait ouvert son réticule ; il le lui arrachait et, escaladant la pente abrupte, il se sauvait dans la direction du hameau de la Clarté. Alors, saisie d'épouvante, abandonnant sa boîte, son album et son pliant, elle s'était enfuie à toutes jambes, au risque d'une chute dangereuse sur ce sentier étroit, qui surplombait la mer.
Quand Mlle Kergariou acheva son récit, tout l'hôtel l'entourait, en rumeur. On s'apitoyait sur la victime. On s'indignait contre son agresseur. On dénonçait l'indolence de la gendarmerie.
Des dames parlaient de boucler leurs malles et de quitter au plus tôt une région qu'infestaient les bandits.
Mais, au milieu de cette confusion, le plus bouleversé était, certes, Favernier :
- Ma Ninette, s'écria-t-il en étreignant convulsivement son épouse, mon sang se glace quand je pense que ce gredin aurait pu s'attaquer à toi !...
- Mon Jacques, tu sais bien que je ne sors jamais seule !
- C'est vrai. J'aurais été là... et alors...
Debout, rouge de fureur, retroussant ses manches et tombant en garde devant un ennemi imaginaire, Favernier mimait sa défense :
- C'est bien simple ! Je lui réglais son compte : un coup de poing dans les côtes, un dans la poitrine, un dans le tibia, un dans l'oeil... Puis, l'empoignant à bras-le-corps, je le lançais dans la mer !
En gesticulant, il faillit renverser le guéridon sur lequel était servi le thé.
- Calme-toi, mon Jacques ! balbutia Ninette.
Favernier continuait à hurler :
- Parfaitement, dans la mer ! Oui, ma Ninette !
On souriait. Il s'aperçut qu'il se rendait ridicule, se rassit, et, s'épongeant le front :
- Je vous demande pardon de m'être laissé emporter, dit-il à l'assistance.
Mme de Nucerolle le considérait avec ironie. Mais Mlle Clotilde, maintenant rassérénée, pensait :
- Comme c'est bon d'être aimé ainsi !
La conversation s'aiguilla sur d'autres sujets. Favernier ne s'y mêla pas : son regard fouillait au loin la falaise...
Le lendemain, Mme de Nucerolle et Mlle Kergariou, qui avaient coutume de prendre leur bain de bonne heure et qui se rhabillaient dans leurs chambres, revenaient, enveloppées de leurs peignoirs, vers l'hôtel, quand elles aperçurent Ninette qui en franchissait le seuil :
- Mme Favernier est bien matinale, aujourd'hui ! fit Mlle Kergariou.
- Qu'a-t-elle donc ? interrogea Mme de Nucerolle. On jurerait qu'elle traîne la jambe...
Ninette, en effet, marchait avec peine ; de plus, elle avait une bosse sur le front et l'oeil droit poché.
- Ah ! çà, chère madame, lui dit avec stupeur en l'abordant Mme de Nucerolle, qui diable vous a arrangée ainsi ?
- C'est mon Jacques, répondit de sa voix douce Mme Favernier, et, je vais de ce pas chez le pharmacien chercher des bandes Velpeau.
- Comment ! Vous vous êtes disputés ! s'exclama Mlle Kergarion.
Déjà Mme de Nucerolle triomphait : la discorde s'était, enfin, introduite dans le ménage modèle !
Mais vivement Ninette protesta :
- Oh ! non. Ce qui est arrivé, c'est la suite de cette histoire d'hier... Elle a obsédé mon Jacques au point de lui donner le cauchemar. En dormant, il a cru voir surgir devant lui l'affreux chemineau. Alors, instinctivement, il a appliqué son plan de défense : un coup de poing dans les côtes, un dans la poitrine, un dans le tibia, un dans l'oeil... Le chemineau n'était pas là, et pour cause... J'ai tout reçu... et c'est moi que mon Jacques a jetée hors du lit, en se figurant qu'il lançait le bonhomme à la mer. Je me suis réveillée sur le parquet, avec une bosse au front, car dans ma chute j'avais heurté l'armoire à glace.
- Pauvre petite ! soupira hypocritement Mme de Nucerolle.
- Ne me plaignez pas, madame, dit Ninette : c'est une chance de posséder un aussi bon mari ! Songez donc : j'aurais pu tomber, comme tant d'autres, sur un coureur qui m'aurait négligée, ou, pis encore, sur un brutal qui m'aurait battue !
Gabriel Timmory.

Dictionnaire ( Lettre G ) - 2005-157

  • gréviste : pose des piquets
  • gréviste : vas sur le tas
  • gribouillage : caractère de cochon
  • grief : on reproche d'en faire
  • grimer : charger la face
  • grimer : maquiller légalement
  • grimer : travailler à la mine
  • gris : gai ou triste
  • gris : petit dans sa coquille
  • grisaille : tranche sur le vif
  • grisaille : triste atmosphère
  • grise : matière à réflexion
  • grise : matière de savant
  • gris-gris : charme noir
  • grisonner : argent de côté
  • grisou : donne une mine d'enterrement
  • grisouteuse : triste mine
  • grog : goutte dans l'eau
  • grog : pris en grippe
  • grognard : soldat sous l'empire du mécontentement
  • gros : point à la ligne
  • groseille : responsable de gelée
  • grossesse : formation interne
  • grossesse : ligne en dérangement
  • grossier : blesse les oreilles
  • grossier : sort des ordures
  • grossièreté : mauvaise sortie
  • grossir : changer de ligne
  • grossiste : ne fait pas le détail
  • grouille : presse populaire
  • grue : respectueuse des animaux
  • grue : traînée bêtement
  • grumeau : gâte sauce
  • gs : entourent les gens
  • gtesi : gîtes à la noix
  • gu : chef de guerre
  • gué : chemin de traverse
  • gué : en travers du lit
  • gué : nous met à sec
  • guenilles : effets non négociables
  • guenon : fait le singe
  • guêpe : bête, mais pas folle

Neige dans le haut Doubs, ainsi que dans les Vosges.



BESANÇON. Comme prévu et annoncé par Météo France, il a neigé dans le haut Doubs et les températures de la journée d'hier ont été, tant en plaine qu'en montagne, dignes d'un vrai mois de mars : ainsi 5ème et 6ème respectivement à Maîche et à Morteau au coeur de l'après-midi et 11,9ème en plaine. « On attend aujourd'hui encore une limite pluie et neige aux alentours de 1.000 mètres. Quand on parle de neige, il ne s'agit pas de 10 cm qui tiennent au sol mais plutôt de flocons dans des averses. En fait, les conditions sont compatibles avec des chutes de neige sur les hauteurs. Hier à La Dole, en Suisse, à 1.500 mètres, il faisait -20ème », souligne François Scherrer, prévisionniste à la station Météo-France de Besançon.

Il faut noter qu'il a aussi neigé dans les Vosges, quelques 5 centimètres. Il a fallu dégager certains cols, et enlever des branches d'arbres cassées par le poids de la neige, et qui encombraient certaines routes. La DDE tronçonne actuellement certains arbres devenus dangereux du fait de cette neige.

« Ce mois de mai est plus pluvieux que la normale, 30 % de pluie en plus. La neige n'est pas si fréquente en mai, le Doubs est pourtant un département où il peut neiger au dessus de 1.200 mètres tous les mois. Il suffit de certaines conditions, des cumulo-nimbus très développés et un air froid », indique le prévisionniste.

© L'Est Républicain

mardi 30 mai 2006

Histoire de rire.

Un client entre chez un disquaire.
- Bonjour, je voudrais un disque de Bach.
- Lequel, répond le vendeur, Johann, Sébastien ou Offen ?

Réflexions - L'enfant.

Voilà le mot sacré.
J'ai vu mourir des enfants. J'ai vu disparaître mes enfants. La mort est entrée en moi avec leur mort et quoi que je fasse elle est là, tapie, qui chaque nuit se réveille et me hante.
Virginia et moi avons voulu que naissent d'autres enfants.
L'enfant, cette vie fragile et cet élan confiant, cette poussée vitale qui lui fait inventer chaque geste et découvrir le monde. L'enfant sans qui la femme est mutilée. Je dis que la femme qui porte en elle le pouvoir de donner la vie, doit accepter ce pouvoir comme une grâce de sa condition et faire surgir d'elle l'enfant.
Je dis que celles qui renoncent à l'enfant se crèvent les yeux en croyant qu'elles vont mieux voir. Je dis que celles qui choisissent de vivre sans enfant enfoncent dans la mort. L'enfant est pour la femme vie et plénitude.
Des femmes sont privées par le hasard ou le destin de ce pouvoir. Qu'elles ne renoncent pas. Un enfant - des enfants - inconnu a toujours besoin de l'amour d'une femme. Et il est de par le monde des millions d'enfants qui meurent de solitude et qui souffrent.
La souffrance des enfants est notre crime à tous. La mort des enfants - de faim, de maladie, par la guerre ou l'indifférence - est notre crime.
Mais la mort des enfants est notre mort.
¤¤¤¤¤
Car l'enfant est notre avenir.
Martin Gray.
le nouveau livre.

Dictionnaire ( Lettre G ) - 2005-156

  • grasse : matinée de repos
  • grassouillet : petit boulot
  • gratin : ensemble de légumes
  • gratis : à aucun prix
  • gratis : c'est à l'œil
  • gratuit : ne vaut rien
  • graver : écrire sur un bloc
  • graver : faire un enregistrement
  • gravide : enceinte pour animaux
  • gravité : centre pour se rétablir
  • gravité : induit de gros efforts
  • gravité : ne prête pas à rire
  • gré : c'est volontairement qu'il est plein
  • gré : de lui à lui, c'est amiable
  • gré : n'est pas de force
  • gré : on est obligé de le savoir
  • gré : on est reconnaissant, s'il est bon
  • gré : plein, pour les volontaires
  • gré : volontiers bon
  • grec : beau de profil
  • gréé : a toutes ses voiles
  • greffe : on y demande l'arrêt
  • grêle : inquiète celui qui a des boutons
  • grêle : sauce piquante
  • grêle : tombe du ciel
  • grêler : tomber en grains
  • grêlon : coupable de bris de glace
  • grêlon : pas faux jeton
  • grelotter : avoir froid et tout le tremblement
  • grenade : avec elle, il est préférable que ça se goupille bien
  • grenade : fruit explosif
  • grenade : on préfère l'acheter que la recevoir
  • grenier : c'est un comble
  • grenier : place des réserves
  • grenier : réserve de souvenirs
  • grenouille : on aime ses cuisses
  • grenouille : on se sucre, si on la mange
  • grenu : a du grain
  • grève : maintenue par un piquet
  • grève : peut être tournante
  • grève : plat de côte
  • gréviste : être retenu au piquet

Tchernobyl : vers un procès.


Ancien chef du service de protection contre la radioactivité, le professeur Pellerin avait sous-estimé l'impact du nuage radioactif en France.

Sans présumer de l'issue demain de la convocation du Pr Pierre Pellerin, âgé de 84 ans dans le bureau de la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy, les quelques 500 parties civiles ne peuvent que se réjouir de ce nouveau coup de boutoir asséné à la muraille du mensonge officiel bâtie aux frontières de l'Hexagone pour minorer l'impact du nuage radioactif vomi par l'explosion du réacteur nème4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Mensonge tout d'abord avec l'autisme bizarre de l'intéressé, à l'époque patron du Service central de protection contre les rayons ionisants (SCPRI), qui affirmait le 30 avril 1986 « qu'aucune élévation significative de la radioactivité n'avait été constatée », alors que toute l'Europe engageait des mesures de prévention... Omerta ensuite, avec la mise sous cloche d'une cartographie de la contamination du territoire national réalisée après la catastrophe. « Je me souviens parfaitement de la violente polémique qui a éclaté en avril 2003 au sein même des or ganismes officiels suite à la publication par l'Institut de radioprotection et de sécurité nucléaire (IRSN) d'une carte de France des dépôts de césium 137 qui était cohérente avec celle de notre laboratoire ! La minorité de scientifiques qui avait osé sortir l'information a immédiatement été réduite au silence. Avec ce nuage, on se heurte à un front qui va de l'Académie des sciences au lobby nucléaire. Voilà pourquoi la quête de la vérité dure depuis vingt ans », observe Roland Desbordes, président de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad).

Prudence judiciaire

Créé après Tchernobyl, cet aréopage de spécialistes dont l'acronyme résonne comme le bruit d'un compteur Geiger s'est porté partie civile en 2001, au même titre que l'Association française des malades de la thyroïde (AFMT). « La juge fait un travail remarquable, elle avance pas à pas, méticuleusement et prudemment », ajoute Desbordes. A preuve l'envoi au front de deux experts judiciaires, les professeurs Paul Genty et Gilbert Mouthon, dont le volumineux rapport, achevé fin 2005, invoque clairement le mensonge des autorités : « Les risques de contamination ont toujours été niés ainsi que l'irradiation de la population avec pour conséquence l'absence de toute prophylaxie », décoche l'une de ses conclusions. Demain, Pierre Pellerin devra donc s'expliquer. « Nous avons rencontré la juge récemment, elle nous a indiqué que cette audition pourrait déboucher sur une mise en examen, à moins que Pellerin apporte des réponses que nous n'avons pas ou qu'il dilue sa responsabilité dans l' affaire. Ce qui m'étonnerait, car il est connu pour sa très forte personnalité », poursuit le patron de la Criirad. Ce dernier espère toutefois que cette convocation permette « enfin d'entrer dans le vif du sujet. L'inculpation est une étape obligatoire sur le chemin d'un procès que tout le monde attend. Durant toutes ces années, j'ai souvent eu des malades au téléphone. Certains d'entre eux sont aujourd'hui décédés de leur cancer et ils n'ont pas eu de réparation avant de mourir ».

Paravent

Le Pr Pierre Pellerin pourrait donc essuyer seul les plâtres chargés de becquerels déposés par le nuage globe-trotter. Auquel cas, il faudra ensuite définir la relation de causalité entre les cancers de la thyroïde et l'explosion. Une autre paire de manches. « Pellerin est certes coupable, mais il n'est pas le seul. La réalité était connue jusqu'au sommet de l'Etat qui refuse toujours de reconnaître son mensonge », fustige Frédéric Marillier, de Greenpeace. Au printemps 1986, Jacques Chirac est Premier ministre, Michèle Barzac est ministre de la Santé, Alain Madelin est chargé de l'Industrie, « et personne au gouvernement n'a réagi à la publication de nos premières analyses. Quand le SCPRI annonçait une moyenne nationale de 8 becquerels/m2 de césium 137, nos études démontraient que les dépôts moyens dans les secteurs les plus touchés se chiffraient en milliers de becquerels/m2, notamment en Corse », rappelle Roland Desbordes. Mais les perquisitions menées dans ces ministères en 2001 dans le cadre de l'enquête n'ont rien données : « A ma connaissance, aucun document pouvant compromettre le gouvernement de l'époque n'a été trouvé. Soit le pouvoir politique n'a pas été informé, soit le ménage a été très bien fait... ».

Patrice COSTA

© L'Est Républicain

lundi 29 mai 2006

Point de vue - La confiance

Il est vraiment bien difficile de savoir qui a raison, de ceux qui prêchent la confiance ou de ceux qui préconisent la méfiance partout et toujours. Il semble que l'on s'en tire généralement en manifestant beaucoup de confiance par ses paroles et beaucoup de méfiance par ses actes. Ainsi, actuellement, des gouvernements et des peuples. Chacun s'en va, criant : "Paix ! paix !", et chacun redouble ses armements. Et les particuliers, bien souvent, imitent les gouvernements. Il nous plait, en général, de nous représenter - pays ou individus - comme étant nous-mêmes sans malice, sans détours, tandis que les autres sont pleins d'astuces. Les diplomates des nations étrangères ? Des Talleyrand, des Metternich. Les nôtres ? De simples Jeannot de village qui se laissent rouler à toute difficulté? Nous sommes tout simples, tout ronds, tout francs : les autres peuples sont mystérieux, tortueux et fourbes.
Évidemment, il y a, de par le monde, des gens rusés et faux, des peuples aussi, malheureusement. Mais il est également certain que rien ne peut marcher, qu'aucune atmosphère ne peut être respirable si nous ne cherchons pas à avoir confiance les uns dans les autres. Ce fut l'enseignement du Christ, l'intelligence la plus haute, la plus entière que le monde ait connue.
Un prédicateur célèbre disait : "Celui qui se confie en tout le monde sera probablement mordu ; mais celui qui se méfie de tout le monde sera dévoré."
Il y a peu de temps, un Américain écrivit un livre intitulé : "Mon voisin est parfait", démontrant que toutes les difficultés humaines pourraient être dénouées si chacun voulait seulement avoir confiance en son voisin.
Il y a une fort belle règle d'or : "Faites à autrui ce que vous voudriez que l'on vous fît." Mais il lui faudrait une petite adjonction : "Ayez le courage de le faire le premier."
Pour avoir confiance en ses voisins, et s'entendre avec eux, il faut peut-être plus de courage que pour engager des querelles avec ces mêmes voisins ; mais en général, on en est récompensé. Il est facile d'être soupçonneux, susceptible, méfiant. Il est difficile d'être ouvert et confiant. Mais cela vaut la peine d'essayer, ne serait-ce que pour sa satisfaction personnelle.

Réflexions - Famille.

Au début, la famille était serrée dans la maison comme les grains d'une même grappe. Celui que le mal frappait, que la vieillesse séchait, restait accroché aux tiges, entre les autres grains, et le nouveau grandissait là, entre les siens, prenant la place de l'ancien.
Ce temps qui comportait aussi ses ombres, s'est enfui. La famille aujourd'hui n'est que cette réunion fragile de quelques-uns qui se rencontrent quelques heures par jour puis s'écartent avant d'être séparés par les métiers ou les hasards.
J'avais une famille : l'histoire noire me l'a détruite.
J'avais une autre famille : le hasard rouge du feu l'a saccagée.
J'ai à nouveau une famille.
La famille autour de moi c'est ma vie. Un homme sans famille qu'est-il sinon un arbre mort, aux racines sèches. A moins, qu'il ne soit l'un de ces hommes de foi, de ces hommes fraternels qui savent faire de chaque Autre un membre de leur famille. Il faudrait aussi cela. Et je m'y efforce. Il faut nous y essayer, car je l'ai dit, l'autre appartient toujours à notre famille.
Mais je ne suis qu'un homme de chaque jour que l'histoire et le destin ont frappé. Je vais vers l'autre. Mais j'ai besoin de me reconnaître dans ma famille. La famille est ma paix, ma raison, mon espoir.
Je crois que l'homme doit ainsi faire confiance à une femme.
Je crois que la femme doit ainsi faire confiance à un homme.
Je crois qu'ensemble ils doivent faire confiance à la vie. Fonder une famille.
La famille est le premier cercle de l'amour. La famille est le premier horizon de la vie.
¤¤¤¤¤
La famille, c'est l'enfant.
Martin Gray.
le nouveau livre.

Dictionnaire ( Lettre G ) - 2005-155

  • goupille : près du goujon
  • gourbi : ce n'est pas la vie de château
  • gourde : a la bidon plein
  • gourmand : très absorbant
  • gourmet : grand palais
  • gousse : a la cosse
  • goût : affaire au palais
  • goût : c'est le bon sens même
  • goût : organe d'information
  • goûteur : mange le premier
  • goûts : sont tous dans la nature
  • goutte : juge au palais
  • goutte : petite chute d'eau
  • gouvernail : chargé de direction
  • gouverné : a quelqu'un en tête
  • gouvernement : formation au pouvoir
  • gr : en gros au début
  • grabataire : homme de plume
  • grabataire : on ne le tire pas du lit
  • grâce : demandée si on a de la peine
  • grâce : un coup à achever
  • gracié : a moins de peine
  • gracieux : charmant bénévole
  • gracieux : ne vaut rien
  • grade : au plus bas avec la sardine
  • graine : espoir aussitôt enterré
  • graine : on la casse si on l'aime
  • graine se casse à table
  • grainetier : reçoit le preneur de son
  • graisse : s'oppose aux frictions
  • graissée : comme la patte, pour arroser
  • grammairien : homme d'exception
  • grammairien : tient sa langue
  • gramme : petit poids
  • gramme : petit, sur un plateau
  • gramophone : ancien diffuseur d'air
  • grandiloquent : sortie de pompe
  • graphologue : étudiant en lettre
  • grappe : se détache du pied
  • gras : morceau disputé
  • gras : on en tire un bout
  • grasse : idéale pour une matinée

Le grand écart de Basso.



Plus de neuf minutes séparent le coureur italien de son poursuivant direct au classement général. Abyssal.

MILAN. L'Italien Ivan Basso, de loin supérieur, a remporté haut la main la 89e édition du Tour d'Italie cycliste, hier à Milan, où l'Allemand Robert Forster a enlevé au sprint la 21e et dernière étape.

Basso, dominateur à chaque temps fort d'une course au parcours massacrant, a provoqué des écarts abyssaux. L'Espagnol José Enrique Gutierrez, inattendu deuxième, a été distancé de plus de neuf minutes et le grimpeur italien Gilberto Simoni, troisième, de près de douze minutes. La constance du Varesan de l'équipe CSC, qui n'a jamais donné de signe de faiblesse, a payé. Depuis 1965 et la victoire de Vittorio Adorni, aucun champion, pas même le Belge Eddy Merckx ou le Français Bernard Hinault, n'avait bouclé le Giro avec une telle avance.

Des cinq favoris italiens au départ, Basso et, dans une moindre mesure, Simoni ont été les seuls à justifier ce rang. Le vainqueur sortant, Paolo Savoldelli, a baissé de régime (5e) après un début fracassant, le 6 mai, à Seraing (Belgique) où il avait écrasé le prologue. Le leader de l'équipe Discovery Channel, qui n'a pas eu le même rendement qu'à l'époque où elle surclassait le Tour de France avec Lance Armstrong, a expliqué ses limites du moment par une allergie.

Quatorze jours en rose

Son prédécesseur au palmarès, le jeune (24 ans) et talentueux Damiano Cunego, a fait mieux (4e). Mais il a peiné à retrouver le même éclat en montagne qu'en 2004, sans même évoquer son désastreux contre-la-montre quasi-rédhibitoire dans l'optique du Tour de France.

Quant à Danilo Di Luca, qui avait fait du Giro son objectif principal, il s'est éteint au fil des étapes, très loin du coureur qui avait pu mener une campagne tonitruante au printemps dernier. La faute à des problèmes dentaires, a-t-il expliqué.

Débarrassé de ces opposants, Basso a pris la conduite de la course dès la première arrivée au sommet, le 14 mai, au Passo Lanciano (sud), dans la 8e étape. Quatre jours plus tard, il a laminé ses adversaires dans le contre-la-montre de Pontedera (centre), gagné par l'Allemand Jan Ullrich, qui aura tranquillement préparé le Tour sur les routes du Giro jusqu'à son abandon à deux jours de l'arrivée. Dans la dernière semaine, au programme ultra-montagneux, Basso -14 jours en rose au total- s'est encore affirmé le meilleur en chaque occasion. Pour Basso (28 ans), qui a gagné le Giro pour la première fois et a tenu ainsi la promesse faite à sa mère décédée l'an dernier, le premier objectif de la saison est atteint. Commence maintenant la seconde opération d'envergure. Le dauphin d'Armstrong dans le Tour 2005 l'avait annoncé avant le départ : « J'aime faire bien les choses, une à la fois. Le Tour, j'y penserai seulement après le Giro ».

  • La 21e étape : 1. Forster (GER/Gerolsteiner) ; 2. Richeze (ARG) m.t. ; 3. Pollack (GER) m.t. ; 4. Bettini (ITA) m.t. ; 5. Duque (COL) m.t. ; 6. Rigotto (ITA) m.t. ; 7. Krivtsov (UKR) ; 8. Krauss (GER) ; 9. Dion (FRA) ; 10. De Kort (NED) (... ) 15. Bonnet (FRA) ; 16. Da Cruz (FRA) tous m.t. (... )

  • Le classement général final : 1. Basso (ITA/CSC) ; 2. Gutierrez (ESP) à 9'18 ; 3. Simoni (ITA) à 11'59 ; 4. Cunego (ITA) à 18'16 ; 5. Savoldelli (ITA) à 19'22 ; 6. Casar (FRA) à 23'53 ; 7. Garate (ESP) à 24'26 ; 8. Pellizotti (ITA) à 25'57 ; 9. Hugo Pena (COL) à 26'27 ; 10. Vila (ESP) à 27'34 (... ) 14. Halgand (FRA) à 35'15 (... )

    © L'Est Républicain

  • Tout bénéfice pour Alonso.






    Le Grand Prix monégasque a souri au pilote espagnol. Kimi R„ikkoenen a abandonné, Michael Schumacher n'a pu faire mieux que 5e.

    MONACO. Fernando Alonso est le grand vainqueur du week-end à Monaco : il a remporté pour la première fois hier le plus prestigieux des Grands Prix de Formule 1 et creusé un gouffre au Championnat en profitant de l'abandon de Kimi R„ikkoenen et du scandale Schumacher, puni pour tricherie en qualifications.

    Parti de la pole position au volant de sa Renault après que Schumacher (Ferrari) eut été relégué en dernière position pour avoir délibérément perturbé les qualifications la veille, l'Espagnol est vainqueur sur toute la ligne. A lui la gloire d'une victoire si aléatoire dans les rues étriquées de la Principauté ! A lui 10 points d'avance supplémentaires sur R„ikkoenen (McLaren-Mercedes), trahi par sa mécanique ! A lui 6 longueurs supplémentaires sur Schumacher ! A lui la confirmation qu'il détient avec sa R26 une monoplace capable de gagner sur tous les circuits ! A lui la confiance dans les autorités sportives qui ont osé sanctionner les intouchables septuple champion du monde et Ferrari ! A lui, tout simplement, la conviction qu'à moins d'un incroyable retournement de situation, ce second titre consécutif lui tend les bras !

    Une victoire dédiée à Edouard Michelin

    « C'était une course marquée d'une croix dans mon agenda », reconnaît Alonso, soulignant toutefois que l'émotion qu'il ressent « ne peut être supérieure à celle de sa victoire en Espagne » il y a quinze jours.

    Au Championnat, il compte désormais 21 points d'avance sur Michael Schumacher et 37 sur R„ikkoenen. Le Finlandais, le seul pilote manifestement capable de battre Alonso hier, a été trahi par son moteur et a regagné directement son yacht, où on a pu le voir torse nu tentant d'évacuer la frustration.

    « Chaque course est de plus en plus importante pour le Championnat : Kimi (R^„ikkoenen) n'a pas pris de points, c'est donc un 10-0 pour moi, et Michael (Schumacher) n'est que 5e, donc nous avons désormais une bonne avance », analyse l'Espagnol. Il rappelle aussi que l'an dernier il avait réussi 15 podiums pour devenir champion du monde et que cette année, avec 4 victoires et 3 deuxièmes places il en compte déjà sept en sept courses.

    « Si ça continue, le Championnat sera bientôt très bien engagé », estime le pilote qui, dans son immense joie, n'en a pas moins dédié sa victoire à Edouard Michelin, PDG du manufacturier de pneumatiques qui équipe notamment sa Renault, mort noyé vendredi. D'ailleurs, en signe de deuil, la cérémonie du podium s'est déroulée sans champagne contrairement à la grande tradition des sports mécaniques. R„ikkoenen quasiment éliminé de la course au titre, il ne reste plus que Michael Schumacher à pouvoir le contester à l'Espagnol.

    « Le Championnat du monde est loin d'être fini, il y a encore beaucoup de points à gagner, souligne-t-il. Les gens qui me connaissent savent que je ne vais pas abandonner. Ma course d'aujourd'hui l'a prouvé, du reste ».

    © L'Est Républicain

    dimanche 28 mai 2006

    Personnages - Marc Seguin.

    Neveu de Joseph de Montgolfier, dont l'influence sur son orientation scientifique fut grande, Marc Seguin naquit à Annonay, en 1786. Dès qu'il eut terminé ses études, il se signala à l'attention du monde savant par une série de découvertes, dont la première, inspirée par les besoins de l'industrie locale, fut la fabrication des feutres pour la papeterie.
    Puis ce fut, avec le concours de son frère Camille, qui fut également un grand ingénieur, l'invention des ponts suspendus en câbles de fils de fer, dont le prototype fut le pont de Tain à Tournon, sur le Rhône (1824).
    En 1825, il lança également sur le Rhône un bateau à trois chaudières munies de tubes.
    Marc Seguin s'adonna ensuite à l'étude de la question des chemins de fer qui venaient de naître : un ingénieur des mines, Beaunier, venait de construire la petite ligne de Saint-Etienne à Andrezieux, à rails en bois et à traction animale.
    La construction d'une ligne similaire entre Saint-Etienne et Lyon fut, pour Marc Seguin, l'occasion de réaliser des progrès décisifs : sur la traction par l'aménagement de la locomotive de Stephenson, il imagina, comme il l'avait fait pour son bateau, "de multiplier les surfaces échauffantes en faisant passer l'air chaud, provenant de la combustion, à travers une série de tubes plongés dans l'eau de la chaudière" ; puis, sur la structure des voies, en substituant le rail en fer au rail en fonte qu'on importait d'Angleterre, la traverse en bois au dè en pierre.
    Ce fut le 7 novembre 1829 que Marc Seguin fit, pour la première fois, une expérience officielle avec sa locomotive à chaudière tubulaire : trente-six minutes après la mise de feu, la machine partit, remorquant un chargement de soixante tonnes ; elle fut à même de s'arrêter et de repartir.
    La vitesse horaire des convois passa de 9 à 25 kilomètres.
    La traction sur la nouvelle voie ferrée fut d'abord mixte, locomotives et chevaux se relayant.
    En 1844, elle devint uniquement à vapeur. Directeur de la Compagnie des Chemins de fer de Saint-Etienne à Lyon, Marc Seguin en fit, par l'extension de son réseau, une puissante entreprise.
    Ses fonctions ne l'empêchaient pas de se livrer à d'autres recherches : constitution intime des corps ; identité du calorique et du mouvement, etc... Enfin, il pressentit l'aviation
    On a de lui un livre qui fut longtemps du plus haut intérêt technique, intitulé " De l'influence des chemins de fer et de l'art de les tracer et de les construire."
    Il mourut à Annonay, en 1875, longtemps après son frère Camille, qui avait collaboré avec lui à la construction des lignes de chemin de fer entre la Loire et le Rhône, et qui, de son côté, avait eu l'honneur de donner à la France cinq ports maritimes.
    __________
    Vous disposez d'un lien sur ce sujet en cliquant sur le titre du présent article. (Michellefouineur)

    Cynthia disparue depuis trois ans.



    La jeune Touloise n'a plus donné signe de vie depuis le 30 mai 2003. Sa maman ne peut pas croire au crime parfait.

    NANCY. - « Il est toujours temps de rompre le silence. De dire ce que l'on sait. » Naïma, la maman de Cynthia Gugelmann, garde chevillé au corps l'espoir de retrouver la trace de sa fille, disparue il y aura bientôt trois ans.

    La jeune femme, âgée de 23 ans à l'époque, s'est évanouie dans la nature après une soirée passée chez des amis dans le quartier de la Croix-de-Metz le 29 mai 2003. Ou plus exactement après qu'un ami l'a raccompagnée dans le bas de la rue Michatel à Toul, non loin de chez elle. Le lendemain, la Touloise ne s'est pas présentée à son travail. On sait aussi qu'elle a reçu un coup de téléphone d'un ami de la région parisienne sur son portable à 6 h du matin. Et puis plus rien. Silence absolu. Plus inquiétant : le 18 juin suivant, un sac plastique contenant des effets personnels lui appartenant, dont une carte bancaire, des clefs d'appartement et des papiers d'identité, a été découvert dans l'écluse du canal à grand gabarit. En dépit d'analyses pointues, aucun élément suspect n'y a été relevé.

    « Je reste partagée entre l'espoir de la savoir quelque part en vie, et puis l'idée qu'elle est peut-être morte. En même temps, si elle est décédée, cela veut dire que le crime était parfait. Et il n'y en a pas tant que ça des crimes parfaits... » se raccroche la maman. « On me conseille souvent de me faire une raison, c'est impossible. J'y pense tous les jours. »

    Toutes les pistes explorées

    Naïma, avec sa petite famille, a préféré déménager dans le Sud. « C'était trop dur ici. Nous nous sentions constamment observés. On pleurait trop aux yeux de certains, et pour d'autres, on souriait trop... Mais là où j'habite désormais, j'ai préparé une chambre pour Cynthia. » Elle reste en contact avec les amis de la jeune fille. Continue à exploiter le moindre indice donné. « Il n'y a pas longtemps, une ancienne connaissance de Cynthia m'a assuré l'avoir croisée à l'étranger. Je m'y suis rendu aussitôt avec mon fils. Nous avons sillonné le quartier où il l'aurait aperçue. Sans succès. »

    Le SRPJ n'a pas cessé non plus ses investigations. Depuis le 11 juillet 2003, date à laquelle une information judiciaire contre X pour enlèvement et séquestration a été ouverte, le service régional de police judiciaire de Nancy explore chacune des pistes susceptibles de les mettre sur la voie de Cynthia. Les policiers ont réussi à reconstituer le puzzle de sa dernière soirée. Sur commission rogatoire internationale, ils sont allés enquêter au Luxembourg et en Belgique où des témoins affirmaient avoir vu travailler la disparue comme serveuse. Plus récemment, ils ont traqué sa trace en région parisienne et à Fréjus, suite à de nouvelles indications. En vain.

    La photo de la jeune Touloise figure toujours sur le site de recherche Internet du ministère de l'Intérieur.

    Cynthia est de petite taille, 1,55 m, et pèse 40 kg. Elle est brune aux yeux foncés. Elle a un signe particulier : une ceinture tatouée sur le bas du ventre.

    Valérie RICHARD

  • Toute personne susceptible d'apporter des éléments sur cette mystérieuse disparition peut prendre contact 24 h/24 au 03.83.17.29.44.

    © L'Est Républicain

  • Réflexions - L'autre.

    L'autre, souvent, nous le craignons. L'autre, souvent, nous l'ignorons. Nous le voyons s'avancer avec angoisse dans ces couloirs déserts qui quadrillent nos villes. Va-t-il nous frapper, nous voler ?
    C'est notre victoire si l'autre nous ignore. Quand nous sommes dans la foule, avec ces milliers d'autres autour de nous, nous refusons de les voir. Ils nous ressemblent pourtant, mais leurs yeux se dérobent si nous cherchons à croiser leurs regards. L'habitude est prise : l'autre doit demeurer autre. Nous le chargeons de toutes nos peurs. Il devient la menace, l'ennemi. Comment le voir alors que nous l'avons déguisé, grimé ? Et lui-même, quand nous nous avançons vers lui, nous a à son tour masqué ?
    L'autre est devenu un masque grimaçant. L'autre est un ennemi. Nous limitons à quelques-uns, nos plus proches, les relations humaines. Ailleurs, dès la porte franchie, est la jungle. L'autre devient le responsable de tous les malheurs. Il est le brun, le noir, le blanc, le différent, le voleur, le dissident, celui qu'il faut chasser, le sorcier qu'il faut brûler.
    Il faut, si nous voulons vivre, que nous allions vers l'autre. Commençons par arracher ce masque que nous avons posé sur son visage d'homme. L'autre nous ressemble. Il a un regard comme nous, un espoir et un désespoir semblables aux nôtres. Il est différent ? Là est précisément sa richesse qui fait notre richesse. Mais cette différence est fraternelle. Un homme n'est jamais qu'un homme quelle que soit la couleur de ses yeux et de sa peau.
    ¤¤¤¤¤
    L'autre appartient toujours à notre famille.
    Martin Gray.
    Le nouveau livre.

    Dictionnaire ( Lettre G ) - 2005-154

    • gloire : a une heure éclatante
    • gloire : elle rançonne
    • glu : dur de s'en détacher
    • glu : le serin s'y laisse prendre
    • glu : vrai crampon
    • gn : partie de campagne
    • gnognote : roupille de sansonnet
    • gnole : esprit fort
    • gnole : fine et populaire
    • gnon : coup de main
    • gnon : dans les mauvais coups
    • gnon : pain sec
    • gnon : unité de choc
    • go : commandement de bord
    • go : demi poire
    • go : va aux USA
    • goal : à l'affût dans les bois
    • goal : homme aux arrêts
    • goal : veut vous détourner du bois
    • gobeletier : homme de quart
    • gober : ne pas laisser au palais
    • godiche : emprunte sans intérêt
    • gogo : marche vite
    • goitre : modifie les gorges
    • golf : on y va faire son trou
    • gominé : plaqué par le gel
    • gomme : a un rôle effacé
    • gomme : s'use à la tache
    • gond : assure une rotation
    • gond : mis à la porte, mais on peut en sortir
    • gond : porte porte
    • gonds : on en sort furieux
    • gonflable : en forme en prenant l'air
    • gorge : plate, sans avantage
    • gorille : garde de l'huile
    • gorille : gardien chef
    • gosier : s'il est sec, il faut siffler
    • gosse : terrible, s'il est sale
    • goton : vieille fille
    • goujon : c'est un plaisir de le taquiner
    • goulot : désaltère le randonneur
    • goulu : très absorbant

    Foot - En attendant mieux.


    Grâce à un but de Malouda la France a péniblement vaincu, mais s'est montrée très brouillonne. Les Mexicains ont déçu. Ribéry a été baptisé.

    De notre envoyé spécial Christian FRICHET

    SAINT-DENIS. On avait presque oublié, parce que la période invite aux promesses, qu'un match préparatoire de phase finale pouvait étrangement ressembler à un vulgaire épisode de qualification. Car à quinze jours d'affronter la Suisse pour de bon, les Bleus ont encore tourné au ralenti et à l'ordinaire. Rien d'affolant évidemment parce que les bonnes excuses sont toutes trouvées mais rien de passionnant non plus. On précisera tout de suite que les Mexicains ont largement contribué au succès mitigé de la soirée en se montrant empruntés et même singulièrement limités. Mais on imagine qu'eux aussi au sortir de cinq semaines de travail foncier trouveront de bonnes explications.

    En clair on ne retirera qu'un nombre réduit d'enseignements de ce premier rendez-vous d'un triptyque de matchs préparatoires. En première mi-temps les Bleus ont certes largement maîtrisé techniquement le ballon en assurant une circulation et un trafic soignés mais le rythme sénatorial qu'ils imprimèrent à leur domination limita par essence son efficacité. De surcroît à l'image surprenante de Zidane, les Français furent souvent gênés par des maladresses inhabituelles. En fait ils eurent un mal criard à enchaîner dans la profondeur ce qui provoqua à la fois une résistance assez simple pour des Mexicains peu ambitieux et un match souvent ennuyeux car monocorde.

    En fait ce sont les deux défenseurs latéraux Abidal et Sagnol qui amenèrent par leurs centres un peu de fantaisie mais surtout de danger. On ajoutera que les Sud-Américains auraient pu être à la traîne très vite puisque la frappe contrée de Vieira termina sur la transversale (14'). Le jeu des Bleus avait tout de même un avantage indéniable, il leur assura le quasi monopole de la balle avec pour terminer les actions une bonne demi-douzaine de centres devant le but de Sanchez en l'espace de 45 minutes. Et finalement un but qui eut à la fois valeur de récompense et d'encouragement quand Malouda à la réception d'une transversale de Cissé, put tranquillement contrôler avant d'envoyer un missile sous la latte. On jouait les arrêts de jeu juste avant la pause et on cherchait toujours à découvrir le talent des derniers vainqueurs des Brésiliens...

    Ribéry sous les acclamations

    La suite fut encore moins instructive dans la mesure où Domenech, profitant du réglement FIFA des matchs amicaux, changea rapidement cinq joueurs et non des moindres. Gallas, Vieira, Makelele, Thuram et Zidane arrêtaient les frais. Arrivaient sur le pré Wiltord, Silvestre, Diarra, Boumsong et Dhorasso, pas terrible pour l'homogénéité. Le collectif se dégrada, il fallut un bon moment pour qu'il retrouve un semblant d'allure. Et encore le public réclamait le renfort de Ribéry sur l'air des lampions. L'événement se produisit à vingt minutes du terme, pour le vrai moment d'émotion du match. Les tribunes pouvaient enfin vibrer un peu d'autant que le Marseillais apportait un soupçon de spontanéité à une litanie de plus en plus imbuvable.

    Cette nouvelle donne permit enfin aux Mexicains de se faire une petite place au soleil avec une ou deux incursions enfin plus saignantes et cette fois la possession du cuir. Mais sans occasions franches pour autant. La France, cahin-caha, gagnait la sortie tant bien que mal. Plutôt mal d'ailleurs mais on le redit, elle aura toute latitude pour estimer qu'hier soir elle a fait son job. Le public lui appréciait modérément ce brouillon il avait commencé ses encouragements par des « Zizou, zizou », ce fut ensuite « Ribéry, Ribéry » pour finir sur « Coupet, Coupet ». Ce qui avait le don de mettre Sagnol dans une colère noire en quittant la pelouse. Ambiance...

    C.F.

    © L'Est Républicain

    samedi 27 mai 2006

    Réflexions - Vivre.

    Au début, alors que le monde autour de soi est encore ce labyrinthe inconnu,, vivre c'est se laisser porter par l'élan. L'enfant pousse ses cris, il court sur le terrain vague d'une vie encore neuve. Mais que devient cette force vitale, quand les jours s'accumulent ? Je vois autour de moi les vies usées par la répétition, des adolescents sans curiosité, des adultes sans courage, des vieux qui n'espèrent que la mort.
    Vivre n'est-ce alors que cette usure qui peu à peu nous laissera rongés, vides ? A moins que ces vies ainsi meulées ne soient que le produit de nos folies.
    Comment vivre et pourquoi vivre si nous vivons seuls, enfermés en nous, prisonniers de nos ambitions ou de nos malheurs ?
    Comment vivre et pourquoi vivre si seule notre course individuelle nous passionne, si le monde autour de nous, les autres vies ne sont que des rumeurs assourdies qui troublent notre chanson ?
    Comment vivre et pourquoi vivre si nous transformons chacun de nos actes, chacun de nos élans en chose ? Le jeu n'existe plus. Courir n'a de sens dans notre société impitoyable que si nous voulons marquer un but seul. Jamais - ou si rarement - nous acceptons de jouer avec l'autre et de lui glisser ce ballon afin qu'il marque lui, à son tour.
    Vivre, quand nous regardons le monde, les plantes ou les animaux, c'est toujours vivre ensemble. Nous avons, nous, la vie solitaire. Nous avons, nous, construit la prison où notre vie devient inutile.
    Il faut revenir à la vie.
    ¤¤¤¤¤
    Vivre, c'est aller vers l'autre.
    Martin Gray
    le nouveau livre.

    Dictionnaire ( Lettre G ) - 2005-153

    • gi : acteur de troupe américaine
    • gi : corps d'armée
    • gi : entame de gigot
    • gi : il débarqua chez nous
    • gibier : au bout du fusil
    • gibier : chassé après l'ouverture
    • gibier : promis à la potence
    • gilet : arrête les balles
    • gilet : livrée en partie
    • gilet : pièce pour le tronc
    • gilet : sans lui, ce n'est pas complet
    • girafe : n'a pas la tête sur les épaules
    • girafeau : se pousse du col
    • giro : tour de botte
    • giron : est sécurisant
    • gironde : bien roulée
    • girouette : instrument à vent
    • girouette : plaque tournante
    • gisant : allongé pour longtemps
    • gist : au centre du registre
    • gitan : fait souvent la foire
    • gitane : célèbre avec Gainsbourg
    • gitane : femme sèche
    • gîte : bande de marin
    • givre : marque de froideur
    • glabre : vraiment à poil
    • glace : exposée en galerie
    • glace : pas toujours sucée
    • glace : permet de réfléchir
    • glaçon : cube en verre
    • glaçon : permet de réfléchir
    • gladiateur : ancien combattant
    • glaise : origine de tuile
    • gland : sot de chêne
    • glas : annonce la fin
    • glas : coup de bourdon
    • glas : résonne tristement
    • glas : sonne à mort
    • glas : sonne le départ
    • glas : sonnerie de fin
    • glin : double saint à jamais
    • gloire : a son jour.

    Citation.

    "Je sais que je vais mourir, mais je n'y crois pas" ( François Mitterand )

    vendredi 26 mai 2006

    Rampon.

    Antoine-Guillaume Rampon fut un talent militaire que révélèrent les guerres d'Italie et d'Égypte, sans que d'autres occasions de gloire lui fussent offertes par la suite.
    Il était né en 1759, à Saint-Fortunat, dans l'Ardèche. A l'âge de seize ans, il s'engagea au Royal Comtois ; puis en 1791, il fit partie d'un corps de volontaires. Lieutenant en 1792, il prit part aux opérations dans les Pyrénées-Orientales. Les 11 et 12 avril 1796, ce fut lui qui, dans la bataille entre Augereau et l'Autrichien Argenteau, à Montenotte, défendit avec fermeté la redoute de Montelesino.
    Puis il prit part à l'affaire de la prise du pont de Lodi, à la victoire de Bonaparte sur Davidovitch à Roveredo, ainsi qu'aux trois glorieuses journées d'Arcole (17 novembre) ; partout il se distingua d'une manière sui lui valut d'être fait général de brigade.
    En 1798, il alla en Égypte : à la bataille des Pyramides (21 juillet), sa brigade formait notamment l'avant-garde des trois divisions qui attaquaient Embabeh, tandis que les deux divisions de Reignier et de Desaix marchaient de front sur la ligne ennemie.
    Le général Rampon, ayant approuvé le coup d'État de Brumaire, figura parmi les premiers sénateurs que nomma Napoléon.
    En 1814, il essaya, à la tête des gardes nationales régionales, d'arrêter l'invasion dans les départements du Nord ; il n'y parvint pas et dut capituler, le 20 février 1814, à Gorkun.
    Bien qu'ayant adhéré à la première Restauration, qui le fit pair, il revint avec joie à l'Empereur pendant les Cent-Jours. Cette fidélité napoléonienne lui valut d'être rayé de la liste des pairs par la deuxième Restauration. Il fut réintégré en 1819. Il mourut à Paris en 1842.

    Dictionnaire ( Lettre G ) - 2005-152

    • geôle : offre une place à gauche
    • geôle : pièce captivante
    • geôle : pièce de violon geôle : pièce policière
    • geôle : son occupant voudrait sortir
    • geôlier : employé de maison close
    • geôlier : maître du barreau
    • geôlier : ne garde pas des anges
    • geôlier : partenaire de détenu
    • geôlier : personnage à clés
    • géologue : ne doit pas se tromper d'étage
    • géométrie : évolue, si elle est variable
    • géométrie : variable sur le zinc
    • gérant : tête de l'emploi
    • gerbe : rend vulgaire
    • gerbe : s'offre en partant
    • gerber : attacher ses bottes
    • gerber : rendre vulgairement
    • gériatre : connait l'affection des anciens
    • gériatre : réussi à l'ancienneté
    • germe : facteur de multiplication
    • germe : peut rendre malade
    • germe : stade pour débutant
    • germer : casser la croûte
    • germer : commencer à pousser
    • gérontocratie : les jeunes n'y peuvent rien
    • gérontocratie : on y arrive à l'ancienneté
    • gérontologue : étudie l'ancien
    • gérontologue : spécialiste du vieux
    • gésier : poche à grain
    • gésir : être couché
    • gestation : période de formation
    • gestation : prépare à la vie
    • geste : beau, s'il est gratuit
    • geste : beau, s'il est large
    • geste : complément de verbe
    • geste : déplacé, est obscène
    • geste : ensemble de chansons épiques
    • geste : joint à la parole
    • gestion : s'occupe de nos affaires
    • gestuel : du mouvement
    • gestuel : sans commentaire

    Le coin des curieux - Arbres à puce.

    Paris est la capitale la plus boisée d'Europe. Quelque quatre-vingt-douze mille arbres y sont munis d'une puce électronique reliée à un terminal informatique, qui permet, entre autre, de connaître leur âge, leur état de santé, et la date du dernier élagage.

    jeudi 25 mai 2006

    Le coin des curieux - Sacrée plante.

    Avec une floraison qui dure plus de deux semaines, l'amaryllis, aux coloris chatoyants, originaire de l'Amérique du Sud, a été élu bulbe à fleur d'intérieur 2006, par un juris de fleuristes, de stylistes et de journalistes.

    Newton, astronome et Physicien. - par FUNCK-BRENTANO.

    Isaac Newton a bien été l'une des plus grandes intelligences qui aient paru sur terre. Son épitaphe, à Westminster, se termine par ces mots : "Que les hommes se félicitent les uns les autres de ce qu'un tel homme ait honoré le genre humain !"
    Newton a réalisé la découverte scientifique la plus vaste, celle qui nécessita la puissance de pensée la plus étendue, en fixant la loi de la gravitation universelle, la loi qui, inflexiblement, régit les mondes dans l'immensité de l'univers. Et ses seuls travaux sur l'optique, sur la décomposition de la lumière, sur le calcul infinitésimal et le calcul différentiel suffiraient, en dehors même de la prodigieuse découverte de la gravitation, à lui assurer une place éminente parmi les maîtres de la pensée. Le célèbre astronome Herschel dira de lui :
    - De quelque côté que nous nous tournions, nous sommes forcés de nous incliner devant le génie de Newton. Nous ne pouvons lui refuser une vénération que personne n'a jamais obtenue dans le domaine des sciences. Tout ce qui a été fait avant lui ne peut être comparé qu'aux tentatives imparfaites de l'enfant ; quant aux travaux qui ont suivi, quelque prodigieux qu'ils soient, ils ne sauraient être mis en balance avec ceux qui sont consignés dans les Principes.
    Ce dernier mot résume le titre de son plus célèbre ouvrage, et dont Lagrange a pu dire :
    - C'est la plus haute production de l'esprit humain.
    Et, cependant, Newton ne parlait que modestement de ses travaux, prêt à répéter avec le sage antique : "Je ne sais qu'une chose, c'est que je ne sais rien."
    - Je ne suis, disait-il, qu'un enfant, occuper à ramasser quelques coquillages sur le bord de la mer, tandis que l'océan de la vérité s'étend devant moi.
    Newton était de taille moyenne, plutôt petit. Il était de figure grave et agréable, sous une abondante chevelure. On était frappé de acuité de son regard. très peu communicatif, sans cesse absorbé par ses méditations. Une de ses réponses en est demeurée célèbre. Comme on lui demandait comment il était parvenu à de si grandes découvertes :
    - En y pensant toujours.
    Comme celle de nombreux mathématiciens, sa distraction est demeurée proverbiale.
    Il ne se maria jamais.
    Isaac Newton naquit en Angleterre, à Whoolstorpe, dans le comté de Lincoln, le jour de Noël de l'année 1642, l'année même de la mort de Galilée ; aussi les amateurs de métempsycose ont-ils pu y trouver une confirmation de leur doctrine, car il leur devenait difficile de douter que l'âme de celui qui avait révélé les lois du mouvement, après avoir considéré le balancement d'une lampe sous le dôme de Pise, ne se fût pas logée dans le corps de celui qui devait découvrir les lois de la gravitation, après avoir vu tomber une pomme d'un vert pommier en un verger du Lincolnshire.
    ¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤
    Comme son illustre devancier Képler, Newton vint au monde malingre et chétif ; on crut qu'il ne vivrait pas. Sa mère, veuve peu après la naissance de l'enfant, le confia à sa grand-mère, qui lui donna les premiers soins et l'envoya à l'école villageoise. A douze ans, il fut mis à l'école de Grantham, pour y apprendre le latin et les sciences. Il n'y fut qu'un très mauvais élève. Si l'Angleterre avait connu, au XVIIe siècle, le système scolaire que d'aucuns préconisent de nos jours (1928) pour la France, n'admettant dans les classes plus élevées que les bons sujets des classes inférieures, le plus beau génie qui ait paru dans le monde, n'aurait pas eu les moyens de se développer.
    Ce qui occupait l'enfant beaucoup plus que le latin et les sciences elles-mêmes, c'était la construction de petites mécaniques, ingénieuses et diverses, de petits moulins ; e"n l'un d'eux une souris jouait le rôle de meunier, faisant tourner une meule qui broyait les grains de blé, après quoi elle se nourrissait de la farine qu'elle avait moulue , puis c'était une horloge à eau s'écoulant à la mesure du temps et un petit morceau de bois, qui s'enfonçait avec le niveau de l'eau, faisant tourner l'aiguille ; ou bien encore une voiturette, à laquelle, du haut de son siège, le cocher, à tour de bras, donnait le mouvement.
    L'enfant montrait tant et tant de grandes dispositions pour le dessin, que les murs de la chambre chez l'apothicaire de Grantham, le docteur Clark, étaient couverts des produits de son crayon ou de son pinceau. Et c'est chez le docteur Clark que le jeune Isaac connut la petite miss Storay et se prit pour elle d'un amour charmant, qui ne devait pas s'éteindre. Quand miss Storay sera devenue Mme Vincent, il se changera en fidèle amitié.
    Mais voici que, sur ses quinze ou seize ans, l'enfant est saisi par le génie des mathématiques. Elles se révélèrent à lui lumineusement. Il ne passa pas de longs mois, comme tous les étudiants, à piocher les treize livres d'Euclide : de sa seule intelligence, il y voyait d'un coup d'oeil et les données des problèmes et leurs solutions. Ainsi sauta-t-il de plain-pied dans la géométrie de Descartes et les Optiques de Képler.
    Fontenelle rappelle la remarque du poète Lucain à propos du Nil dont les anciens ne connaissaient pas la source : "Il n'a pas été donné aux hommes de voir le Nil faible et naissant ; ils ne le connaissent que dans son ampleur". La science de Newton ne connut pas la débilité des origines. Dès l'abord, elle éclate en pleine maturité. Aussi bien paraît-il établi qu'à vingt-quatre ans, Newton avait déjà fait ses prodigieuses découvertes, autant en géométrie qu'en optique et en mécanique céleste ; à vingt-quatre ans, il avait découvert la gravitation universelle.
    La jolie histoire de la pomme tombant de l'arbre chargé de fruits et qui aurait révélé au jeune homme les lois de la pesanteur, et, par suite, celles de la gravitation, est malheureusement contestée. Elle nous a été transmise par Voltaire qui la tenait de Mme Conduitt, nièce de Newton. De nombreuses années, les Anglais ont tenu en vénération l'arbre célèbre, et, quand il menaça ruine, il en firent un siège du bois pieusement recueilli.
    Sur ses dix-huit ans, Newton était entré à l'Université de Cambridge, au Trinity-College, qui conserve avec orgueil le pavillon à tourelle carrée où l'illustre savant travailla, médita et fit ses découvertes.
    L'histoire de la découverte de la gravitation par Newton s'accompagne d'un incident dramatique. On sait que la découverte de la gravitation universelle repose sur le phénomène de l'attraction des corps en raison directe de leur masse et en raison inverse du carré des distances.
    Ayant conçu son système, l'illustre savant voulut en faire l'épreuve sur les éléments qu'il avait à la portée de la main - s'il est ici permis de parler de la sorte : on veut dire le mouvement de la lune gravitant autour de la terre. Il calcula donc le poids de l'unité de masse de la lune, et, le comparant avec la distance qui nous en sépare, il trouva que ce poids dépassait d'un sixième celui qui eût convenu pour que les principes fixés par lui fussent exacts, c'est-à-dire que si sa théorie avait été juste, la lune aurait dû nous tomber dessus. Rempli de tristesse, mais philosophe, il rangea son manuscrit dans une armoire, où, de temps à autre, il ne laissait pas d'aller le contempler avec mélancolie :
    - C'était, cependant, bien beau, se disait-il, et semblait si vrai !
    Les années - seize années, 1666-1682 - passèrent quand, certain jour du mois de juin 1682, se rendant à une séance de la Société royale des sciences dont il faisait partie, il y entendit parler des travaux d'un savant français nommé Picard, rectifiant, d'après de nouveau calculs, la mesure d'un degré du méridien, par conséquent la longueur du rayon terrestre sur laquelle les rapports de la terre avec la lune avaient été établis.
    Newton rentra chez lui en proie à la plus vive agitation. Il reprit son manuscrit pour en refaire les calculs d'après les données nouvelles ; mais l'agitation de son esprit était telle, devant l'immensité des conséquences, qu'il ne pouvait travailler avec le calme nécessaire. Lui, Newton, serait-il vraiment l'auteur de la plus belle découverte scientifique que le monde aurait connue, ou bien n'aurait-il été que le jouet de vaines illusions ? Il avait beau prendre et reprendre chiffres et formules, ils se brouillaient dans sa pensée. Et il s'adressa à un ami, lui demandant de faire un travail qu'il se trouvait dans le moment incapable de faire lui-même.
    Qu'elle angoisse durant les heures d'attente, tandis que son collègue, le front penché sur les feuilles d'écriture, était plongé dans ses calculs ! C'est peut-être le moment le plus dramatique de la longue et parfois si douloureuse histoire du génie humain ; plus dramatique encore que celui où Palissy jetait au feu les dernières chaises de son mobilier pour obtenir la cuisson, la victoire définitive.
    Victoire, en effet, joie et triomphe ! Tout concordait à présent d'une manière parfaite. L'homme avait arraché à l'univers le secret, sinon de ses origines, du moins des modalités de son existence.
    ¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤
    Néanmoins, en son admirable conscience, Newton attendit quatre ans encore, travaillant sans relâche, reprenant sa théorie sous toutes les formes, l'appliquant à tous les faits connus, aux constellations les plus lointaines, pour s'assurer que rien ne venait y contredire, et ce ne fut qu'en 1686 - la plus grande date peut-être dans l'histoire des sciences - qu'il fit paraître son ouvrage : Philosophiae naturalis principia mathematica - Principes mathématiques de la philosophie naturelle. Il le présenta à la société royale le 28 avril.
    Jusqu'alors les "tourbillons" de Descartes paraissaient d'une vérité inébranlable. Newton a, d'ailleurs, eut le tort de clore son livre par des attaques inutiles et d'un goût douteux contre la doctrine de son grand devancier.
    Tel fut, au reste, le côté fâcheux de ce caractère de savant, que rehaussent, d'autre part, tant de si belles qualités : désintéressement, modestie, bonté, simplicité. Newton était jaloux, envieux de ses rivaux. G. Whiston, qui lui succédera dans l'enseignement des sciences à Cambridge et éditera son "Arithmétique universelle", écrira, en parlant du maître :
    - Newton souffrait du caractère le plus craintif, le plus soupçonneux qui se pût voir. Je n'aurais jamais osé publier, lui vivant, la réfutation que j'ai faite de sa "Chronologie", car, tel qu'il était, j'aurais redouté qu'il ne me tuât."
    Au cours de sa controverse fameuse avec Leibnitz, concernant la priorité de leurs travaux respectifs sur le calcul infinitésimal, cette jalousie se montra sous le jour le plus regrettable.
    Il semble que Newton ait été en possession depuis assez longtemps des principes et des règles que firent connaître, en 1684, les "Acta eruditum" de Leibnitz. La première édition des "Principes" de Newton contient la note suivante :
    " Il y a dix ans qu'étant en commerce de lettres avec M. Leibnitz et lui ayant donné avis que j'avais trouvé une méthode pour poser les questions de "maximis et minimis" (des plus grands et des plus petits), et l'ayant cachée sous des lettres conventionnelles, il me répondit qu'il avait découvert une méthode semblable et me communiqua cette méthode, qui ne différait de la mienne que dans les termes et les signes."
    On doit déplorer que Newton ait fait disparaître cette note, où il rendait justice à son rival, des éditions ultérieures de son ouvrage ; regretter aussi qu'il ait cru devoir faire attaquer Leibnitz par ses disciples et ses amis ; et quand Leibnitz, très noblement, déclara s'en rapporter à la loyauté de son confrère anglais, Newton, obstinément, garda le silence et porta le débat devant la Société royale dont il était président et dont l'arrêt ne pouvait qu'être entaché de partialité. Jusqu'après la mort de Leibnitz, survenue en 1716, Newton s'acharnera contre ce grand esprit.
    La curiosité du savant s'attachait aux objets les plus divers, mais toujours par les méthodes scientifiques ; c'est ainsi que Newton s'efforça de préciser la chronologie de l'histoire ancienne par les connaissances astronomiques de l'antiquité. Voici un exemple : nous savons, par les écrits des anciens Grecs, qu'elle était, de leur temps, la position du colure des équinoxes par rapport à certaines étoiles fixes. La colure est, comme on sait, le nom donné à deux grands cercles de la sphère perpendiculaires à l'équateur et qui passent, l'un par les points équinoxiaux, l'autre par les points solsticiaux. Nous connaissons donc la position du colure des équinoxes par rapport aux étoiles fixes au temps de Chiron le Centaure, c'est-à-dire au temps de l'expédition des Argonautes partant à la conquête de la toison d'or. Or, le mouvement en longitude de ces étoiles est d'un degré en soixante-douze ans. On peut donc, connaissant leur position au temps des Argonautes, parvenir à déterminer la date de cette expédition fameuse et, par conséquent, celle de la guerre de Troie. Newton s'y employa et rapprocha ainsi de nous de cinq siècles l'époque de ces célèbres événements.
    On ne notera pas sans surprise que, durant deux années de sa vie - Newton avait alors cinquante ans -, ce grand génie tomba dans une démence complète, au point qu'il fallut l'enfermer. Il recouvra la raison, mais la clarté de son génie en fut obscurcie. Il produisit encore des travaux intéressants, où la flamme d'antan ne brillait cependant plus.
    Ses compatriotes le comblaient d'honneurs et d'argent. Il fut nommé maître de la Monnaie, anobli par la reine Anne, envoyé par l'université de Cambridge comme représentant au Parlement. Ici encore, il se distingua de la manière la plus recommandable durant les nombreuses années où il exerça son mandat, en ne prenant jamais la parole, sinon une seule fois, pour demander à un huissier de fermer une fenêtre à cause du courant d'air.
    Newton mourut à Londres (Kensington), le 31 mars 1727, à l'âge de quatre-vingt-cinq ans. Il laissait à ses neveux une fortune importante. Et son tombeau fut érigé à Westminster, parmi ceux de la plus haute aristocratie anglaise.
    Frantz Funck-Brentano,
    membre de l'Institut.

    Réflexions - Donner.

    Je regarde Virginia, mon épouse, donner le sein à Larissa notre deuxième fille. J'ai vu Virginia donner la vie à Barbara et à Larissa, bientôt je la verrai donner la vie à mes autres enfants. J'avais vu Dina accomplir les mêmes gestes. La vie est don. La vie naît du don. L'enfant donne un cri, un regard. Il ouvre les bras, il donne sa tendresse et sa faiblesse.
    Donner, qui est à l'origine de l'amour et de la vie, est un mot et un acte qui se perd dans les sables secs de notre existence quotidienne.
    Qui donne encore ? Qui ose donner ? Ici et maintenant tout doit être commerce et calcul, gain ou perte. Dans les familles, même l'échange marchand est loi. Je t'aime si... je te donne si... Donner est le contraire du calcul. Et parce que donner est l'acte même de la naissance de la vie si nous ne donnons pas nous allons à contre-courant de la vie. Comment l'élan de la vie pourrait-il se maintenir alors que nous renonçons à ce qui est : don.
    Regarde celui qui a le visage serein, regarde celui pour qui chaque jour est naissance : c'est celui qui donne. Il faut donner à chaque jour son enthousiasme. Il faut donner à sa vie le plaisir de donner.
    ¤¤¤¤¤
    Donner, c'est vivre.
    Martin Gray
    le nouveau livre.

    Dictionnaire ( Lettre G ) - 2005-151

    • généalogiste : arboriculteur
    • généalogiste : déterre les bonnes souches
    • généalogiste : est dans les arbres
    • général : bosse sur le front
    • général : gros de la troupe
    • général : plus que juteux
    • générale : dernière avant première
    • générale : d'un ordre supérieure
    • générale : pas dit en particulier
    • généraliser : faire des extensions
    • généraliste : son client n'est pas solide
    • génération : assure une transmission
    • génération : la nouvelle suit
    • génération : source de conflit
    • généreux : ne regarde pas
    • généreux : porté à donner
    • genèse : création littéraire
    • genèse : début à tout
    • genèse : ouverture de testament
    • genèse : ouvre la bible
    • genet : base de balai
    • généticien : décodeur caractéristique
    • généticien : pro des transmissions
    • gêneur : parfois en trop
    • génialité : rare luminosité
    • génie : forte tête
    • génie : le petit se remarque
    • génie : un par lampe
    • génisse : vachement jeune
    • géniteur: parent de façon plaisante
    • genou : par dessus la jambe
    • genou : se fait en avance
    • genre : il est mauvais dans le milieu
    • gens : jeunes, ce sont des ados
    • gens : petites de peu
    • gentil : agréable, mais infidèle
    • gentleman : ne monte pas comme un débutant
    • génuflexion : inclination religieuse
    • géographe : doit rester sur terre
    • géographe : fait les cartes
    • géographe : son savoir est étendue
    • geôle : ancien violon

    mercredi 24 mai 2006

    Histoire de rire.

    Un ventriloque se rend en urgence chez le médecin ; il a très mal au ventre. Le praticien, après l'avoir ausculté, donne son diagnostic :
    - Eh bien, monsieur, vous avez des mots d'estomac...

    Le "félon" rentre au bercail.

    Eva John, avec Reuters


    Profitant du discrédit politique suscité par l'affaire Clearstream, Bruno Mégret s'est prononcé mardi pour une "union patriotique" entre son parti et celui de Jean-Marie Le Pen



    © Reuters
    A moins d'un an de l'élection présidentielle, l'heure est aux alliances et aux calculs. Du côté de l'extrême droite, Bruno Mégret vient de confirmer qu'il acceptait la "main tendue" de Jean-Marie Le Pen en vue de former une "union patriotique".
    "Je suis prêt à participer à cette force nouvelle dès lors que cette démarche est sincère, réelle et déboucherait sur une nouvelle dynamique politique", a déclaré le président du Mouvement national républicain (MNR). Une "force nouvelle" pourrait selon lui profiter du discrédit politique accentué notamment par l'affaire Clearstream. "Je considère qu'il y a, en dehors de la classe politique, (représentée au Parlement) une force électorale considérable qui, si elle était rassemblée, pourrait s'affirmer comme la première force française".
    Bruno Mégret, qui ne dispose plus aujourd'hui que de maigres troupes, est convaincu "qu'au moment où les partis se déchirent", une "réconciliation" avec le Front national (FN) mobiliserait "tout l'électorat déçu par la classe politique". Bien qu'il se dise prêt à "faire passer les querelles au second plan", il n'a toutefois pas voulu se prononcer sur un éventuel effacement de sa part au profit de Le Pen, jugeant qu'il "ne faut pas aller trop vite" car des "discussions sont toujours en cours" avec les lepénistes. "Pour l'instant, je suis toujours moi-même candidat et nous avons déjà 550 candidats investis pour les législatives", souligne-t-il.
    Maître d’œuvre de la scission de 1998 qui avait affaibli le Front national, Bruno Mégret avait alors été qualifié de "félon" par Jean-Marie Le Pen, qui voudrait aujourd'hui réunir tous les candidats potentiels de l'extrême droite autour de sa candidature en échange d'accords électoraux aux législatives. Le président du Mouvement pour la France (MPF), Philippe de Villiers, a pour sa part rejeté cette offre en espérant, semble-t-il, que le président du FN ne parvienne pas à recueillir les parrainages nécessaires. Le Pen, qui avait provoqué un séisme politique en 2002 en se qualifiant pour le second tour de la présidentielle au détriment du socialiste Lionel Jospin, rêve cette fois d'avoir le dessus sur le candidat de l'UMP.